
In Conakryinfos. "Dans la journée du 26 août, j’ai vu Malick Sankhon distribuer de l’argent aux jeunes de la Casse en train de danser la musique du RPG-Arc-en-ciel. Il leur a demandé de battre à mort tout manifestant de l’opposition qui s’hasarderait à emprunter l’autoroute Fidel Castro pour se rendre à l’esplanade du stade du 28 septembre", a-t-il rapporté en précisant que ce jour, nombre de jeunes ont promis à M. Sankhon de réagir contre toute manifestation sur l’autoroute, considérée par les partisans du pouvoir comme leur fief.
La semaine dernière, la capitale guinéenne a été le théâtre de violentes échauffourées entre partisans de la mouvance présidentielle et ceux de l’opposition guinéenne réunie au sein du Collectif et de l’ADP.
Les premières violences ont été enregistrées dans des incidents isolés à la Casse entre militants des deux bords politiques lors de la marche de l’opposition du jeudi 20 septembre.
Le lendemain, le vendredi 21 septembre, des jeunes vendeurs de pièces détachées proches du pouvoir ont à leur tour barricadé l’autoroute Fidel Castro avant de s’attaquer violemment aux automobilistes et leurs engins en brisant les pare-brise et en les dépouillant de tous leurs biens.
Ces violences sur l’autoroute ont abouti au pillage de plusieurs magasins appartenant aux commerçants proches de l’opposition.
Les nouvelles de pillage des magasins de proches de l’opposition se répandront vite dans la capitale jusque dans les fiefs de l’opposition, notamment Bambeto et Cosa où plusieurs dizaines de jeunes sont aussitôt descendus dans la rue pour venger ces commerçants victimes d’agression de la part de jeunes partisans du pouvoir.
Les violences à Bambeto et à Cosa provoqueront la casse de plusieurs véhicules, le pillage des installations de la radio Sabari FM et la mort par balle d’un jeune militant de l’opposition.
Malgré l’ampleur des dégâts et l’atrocité des violences enregistrées les jeudi et vendredi à Conakry, le gouvernement guinéen a du mal à situer les responsabilités dans les affrontements constatés le jour et le lendemain de cette marche, pourtant autorisée par les autorités compétentes.
Si le gouvernement veut faire baisser la tension, il devrait plutôt s’intéresser à connaitre les causes profondes de ces violences qui ont secoué la capitale guinéenne. Plusieurs noms de proches du pouvoir sont cités dans la manipulation de jeunes partisans du pouvoir contre les militants de l’opposition.
Le nom de Malick Sankhon est cité parmi ces instigateurs des violences enregistrées à la Casse sur l’autoroute Fidel Castro.
Selon plusieurs témoins interrogés par Conakryinfos à Dixinn-Gare, à la Casse et à Kenien, nombreux sont ceux qui indexent l’actuel Directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), Malick Sankhon d’avoir manipulé et incité des jeunes de la Casse à la violence contre les militants de l’opposition.
De sources concordantes, Malick Sankhon aurait été vu les mardi 18 et jeudi 19 septembre à Kenien, à la Casse et à Dixinn-Gare en train d’inciter des jeunes militants proches du pouvoir contre la marche de l’opposition.
"Le mercredi 19 septembre, Malick Sankhon a demandé aux jeunes de la Casse de s’opposer à la marche du collectif et de l’ADP. Pour encourager ces jeunes à en découdre avec les militants de l’opposition, Malick Sankhon, arrivé sur les lieux dans sa voiture, a distribué une forte somme d’argent aux jeunes qui ont scandé son nom et celui du président Alpha Condé", a soutenu un jeune mécanicien à la Casse.
Un autre jeune a également soutenu avoir vu le 26 août dernier (la veille de la marche avortée de l’opposition le 27 août), le Directeur général de la CNSS à la Casse inviter des jeunes à barrer la route à tout manifestant de l’opposition qui passerait par l’autoroute Fidel Castro.
"Dans la journée du 26 août, j’ai vu Malick Sankhon distribuer de l’argent aux jeunes de la Casse en train de danser la musique du RPG-Arc-en-ciel. Il leur a demandé de battre à mort tout manifestant de l’opposition qui s’hasarderait à emprunter l’autoroute Fidel Castro pour se rendre à l’esplanade du stade du 28 septembre", a-t-il rapporté en précisant que ce jour, nombre de jeunes ont promis à M. Sankhon de réagir contre toute manifestation sur l’autoroute, considérée par les partisans du pouvoir comme leur fief.
Malgré tous ces efforts de Malick Sankhon de faire échouer la manifestation de l’opposition, celle-ci n’aura finalement pas lieu à cause de l’opposition des forces de l’ordre qui avaient bouclé toutes les issues du domicile du leader du PEDN, Lansana Kouyaté où les autres leaders de l’opposition s’étaient donné rendez-vous pour le départ.
Le même jour (27 août), Malick Sankhon a mobilisé sur l’esplanade du stade du 28 septembre, des dizaines de femmes acquises à la cause du pouvoir, pour célébrer, dit-on, le 35è anniversaire de la révolte des femmes de Conakry contre la police économique, le 27 août 1977 sous le régime du président Sékou Touré.
La célébration de cette fête nationale des femmes s’est vite muée en une fête de soutien au président Alpha Condé dont les images ont été diffusées dans le journal télévisé après l’empêchement de la manifestation de l’opposition.
Dans ce reportage de la RTG, Malick Sankhon a violemment fustigé l’attitude des leaders de l’opposition qui, selon lui, veulent saboter les actions du gouvernement et décourager les investisseurs de venir en Guinée.
Au regard de tout ce qui a été dit et fait comme violences ces derniers jours à Conakry, le haut commandement de la gendarmerie et de la justice militaire devrait entendre le Directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale, Malick Sankhon dont la responsabilité reste avérée dans les récentes violences à Conakry.
Si hier Malick Sankhon se targuait d’être leader politique avec son parti La Cause Commune (LCC), aujourd’hui après avoir accepté la fusion avec le pouvoir, le RPG-Arc-en-ciel pour sauver son fauteuil de directeur de la CNSS.
Connu pour ses relations opportunistes avec les différents régimes et gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays, Malick Sankhon fait partie des cadres guinéens capables de se muer à tout pour défendre à tout prix leurs intérêts auprès des dirigeants du moment.
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