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Avant sa révocation à la tête de l’OGP, Paul Moussa a tenté de se défendre en vain dans une radio de la place le 12/06/2018 à 16h25

Un rapport d’audit d’abord de l’inspection générale d’Etat (IGE) a décelé des manquements dans la gestion du désormais ancien directeur de l’Office guinéen de Publicité, Paul Moussa Diawara. Ensuite c’est un cabinet d’expertise comptable qui en vient à presque la même conclusion : Il y a eu malversation financière à l’OGP. C’est le rapport de ce cabinet que nous vous proposons en PDF. 

Mais avant, voici les défenses de Paul Moussa, chez nos confrères des GG. Il parle surtout de la forme, selon lui, irrégulière, du contrôle mené par l’IGE ; avant d’indiquer que le rapport du cabinet d’expertise n’est que provisoire. Non sans crier à une cabale qui serait organisée contre sa personne.   

« Vous savez, c’est ce que j’aime à dire souvent. La répétition, tant qu’elle est nécessaire il faut la faire pour la compréhension de l’opinion. Ça veut dire quoi ? Nous sommes en République, les lois nous gouvernent. C’est comme le Coran pour l’islam, et le croyant musulman. La Bible pour le croyant chrétien. Donc, toutes les règles sont définies. Les lois sont claires, les textes sont indiscutables. L’OGP est une entreprise qui est régie par l’acte uniforme de l’OHADA. C’est une société qui paye ses taxes et ses impôts. Et qui ne bénéficie pas de la subvention de l’État. Donc, c’est une société qui consomme ce qu’elle produit.

La loi 075 sur la gouvernance économique et financière est claire. Le corps de contrôle est désormais organisé en Guinée depuis 2016. Il y a une nouvelle loi votée en 2015, promulguée par Alpha Condé en décembre de la même année. Cette loi est même révisée aujourd’hui, et est devenue la loi 056. Les articles 52, 53, 54 qui organisent le corps de contrôle sont clairs. Dans les établissements publics, administratifs ou les services publics, les inspections d’État, les inspections de finance peuvent intervenir.

Maintenant, dans les sociétés, que ce soit l’OGP ou le Port, voici comment le contrôle se fait. Le contrôle est interne, avec le Conseil d’administration qui est l’instrument de contrôle. Et vous avez les commissaires au compte, pour le contrôle externe. C’est ça le droit communautaire, le droit OHADA. Toute démarche qui s’écarte de cette loi qui a été votée au parlement, promulguée par le président, constitue une transgression et une violation systématique des lois. »

Est-ce que tout ce qui vous est reproché est fondé ? 

« Au-delà de la forme, je voudrais vous dire ici que, l’inspection ne s’est pas passée dans les règles de l’art. Comment et pourquoi ? Les chaises, les consommables, le carburant du directeur général, les honoraires des avocats et des huissiers qui nous ont défendus dans le contentieux opposant l’OGP aux sociétés de téléphonie mobile ont été systématiquement rejetés. Le carburant de 3 ans, les missions, le nettoyage, les directions régionales créées à l’intérieur du pays, les charges locatives, le personnel, le budget de fonctionnement… a été refusé. On a fait la somme de toutes ces charges, mais voilà, les inspecteurs disent qu’ils ne prennent pas ça, et que je dois rembourser. »

Mais, quelle raison a été avancée ? 

« Ils disent qu’ils ne prennent pas, ils n’ont pris qu’une seule dépense. La dépense de l’installation du nouveau Conseil d’administration, pas depuis dirigé par Moussa Tata vieux Condé, mais par le précédent conseil. C’est la seule dépense qu’ils ont prise. Tout le reste-là, trois années de fonctionnement, de dépenses, de charges locatives. On n’est pas dans un bâtiment de l’État, on paye la fin du mois.

Mais, je suis convaincu d’une chose, moi, l’inspection, ce n’est pas ça qui pose problème, mais la façon dont l’inspection s’est passée. D’abord, au-delà de la forme, ils transgressent nos lois. Parce qu’on ne vit pas dans la brousse. On vit en République. Ensuite, je considère que c’est de la manipulation.

En tenant compte de la forme, je rejette cette conclusion provisoire. Parce que je voulais dire qu’elle est provisoire, parce que ça vise, tout simplement, à salir un homme qui a un bilan. J’ai créé des succursales dans les cinq communes de Conakry. J’en ai créé dans les sept régions de la République de Guinée, avec des charges. Donc, aujourd’hui, je me trouve confronté à d’énormes difficultés. La RTG ne paye pas depuis 4 ans les recettes qu’il faut à l’OGP. Les sociétés de téléphonie, c’est bloqué. On vit difficilement. À la fin du mois, on a du mal à joindre les deux bouts. Alors, comment voulez-vous que ça fonctionne ?

Aujourd’hui, je résume en disant que, tout simplement, je connais ceux qui veulent prendre la place de Paul Moussa Diawara, à la direction générale de l’OGP, alors ils n’ont qu’à savoir là où taper pour prendre la place là. Moi, j’ai déjà fait montre de ce que je fais. On est passé de 18 travailleurs à 300 travailleurs en 4 ans.

L’OGP était enfui dans un bâtiment colonial, plus vieux que l’indépendance de la Guinée, là-bas à Almamya. Je connais des gens qui ont refusé de prendre l’OGP. On leur a proposé, ils ont dit qu’ils n’en voulaient pas. On m’a donné, j’ai dit, je prends.

Ce n’est pas l’institution qui fait l’homme, c’est l’homme qui fait l’institution. »

 

 


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