
In Guinee7.Rusal, vendredi 10 aout, a ‘‘offert’’ des médicaments aux deux principaux hôpitaux de Fria. Les médicaments serviraient à lutter contre le choléra qui gagne la ville. Deux jours avant, le 7 aout, la même compagnie a déboursé pour la préfecture de Kindia une enveloppe financière de 3 milliards 500 millions de francs guinéens pour sa ‘’contribution’’ au développement local de cette préfecture qui abrite CBK, une autre société qu’elle gère en Guinée. Ces annonces brandies comme des œuvres de bons Samaritains ont été faites avec tambours et trompettes. La démarche ressemble pourtant à du masticage : mettre une épaisse couche de peinture sur le dérapage commis dans l’affaire Friguia.
En liant la reprise de Friguia à l’obtention de Dian-Dian, Rusal a indigné plus d’un en Guinée. Compte non tenu de son ambition démesurée à mettre main basse sur les richesses bauxitiques de la Guinée, mais de l’amalgame entretenu entre deux affaires diamétralement opposées. L’indignation a aussi été plus marquée quand les Guinéens apprirent, inertes, que la russe de l’aluminium veut prendre les enfants de papa bon Dieu pour des canards sauvages. Fermons volontiers cette parenthèse et parlons des ‘’générosités’’ de Rusal.
Du médicament contre le choléra pour les hôpitaux à Fria. Ceci ne devrait absolument pas être une nouvelle. La nouvelle la voici : l’hôpital Friguia, une référence par la passé, manque de tout aujourd’hui. L’officine est devenue un gros magasin de stockage d’emballages vides. Les malades qui osent encore s’y hasarder sont contraints de payer au marché noir la moindre mesure de compresse et ou le centilitre d’alcool. Le personnel médical non payé depuis bientôt cinq mois est à bout de souffle. Et dire que Rusal a l’obligation de soigner ses travailleurs comme l’exige le contrat qui le lie à ses travailleurs !
Que dire des 3,5 milliards donnés à Kindia ? Sinon que c’est une clause des accords contenus dans l’Annexe C de la convention d’exploitation des mines de Kindia entre la préfecture et la Compagnie des bauxites de Kindia (CBK). Ceci n’est autre qu’une sorte de compensation que doit payer l’entreprise aux communautés parce qu’en exploitant les mines de bauxite, elle dégrade l’environnement des riverains, leur cause des ennuis. Que la société Rusal cesse de prendre des Guinéens pour de grands enfants ! Elle devrait faire face à Friguia qu’elle a dégradé en n’y apportant des investissements qu’à dose homéopathique. Certains observateurs pensent d’ailleurs que l’Etat-inerte, on ne sait pourquoi !-, devrait auditer les engagements pris dans le contrat de vente de l’usine. Pour mettre les points sur les ‘‘i’’.
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